« Battle Of The Sexes  » de Jonathan Dayton et Valerie Faris

3/5


Synopsis

1972. La championne de tennis Billie Jean King remporte trois titres du Grand Chelem. Mais loin de se satisfaire de son palmarès, elle s’engage dans un combat pour que les femmes soient aussi respectées que les hommes sur les courts de tennis. C’est alors que l’ancien numéro mondial Bobby Riggs, misogyne et provocateur, met la jeune femme au défie de l’affronter dans un simple match.

Critique

« Battles of the Sexes » signe le retour d’Emma Stone depuis la comédie musicale « La La Land ». Moins dansant, plus historique, c’est contre un Steven Carell sexiste que la star se retrouve engagée au cœur d’une conquête féministe.

Ça se devine dès l’affiche, le tennis sera le symbole institutionnel de ce biopic ! « Eddie The Eagle », « Le Couleur de la Victoire » ou « Rasta Rockett », les métrages dont l’enjeu central était sportif, ont démontré que le fond d’une victoire allait au-delà qu’une simple volonté de gagner. C’est ainsi que Billie Jean King entre dans ce combat intemporel de la femme dans la société.

De la coupe carrée à la robe rétro, de la machine à bigoudis vintage jusqu’aux télévisions Vedette, la reconstitution historique est soumise à une bluffante qualité cinématographique. Rarement égalé, rien n’échappe au cadre spatio-temporel des années 1970, soutenu par une bande-originale fignolée entre funk et disco.

Nombreux sont les films historiques dont la vocation sociale est engagée : « Les Figures de l’Ombre », « Invictus », « Django »… Le juste milieu est de distinguer la chronologie avec un certain recul afin de ne pas l’assimiler à l’actualité. En s’appuyant sur le délicat sujet du féminisme, Jonathan Dayton et Valerie Faris confondent les faits passés du présent. Ce manque d’objectivité coûte cher au métrage qui finit pas étouffer le spectateur dans un parti pris.
A notre grand désarroi, « Battle Of The Sexes » se transforme progressivement en un ramassis de clichés politiquement corrects dont la leçon fera le bonheur de la bobocratie européenne et des démocrates américains anti-Trump.

Aussi, les délimitations de l’histoire ne sont pas déterminées. La romance sexuelle lesbienne de la tenniswoman qui ne devrait être qu’anecdotique, tombe entre lassitude et complaisance minoritaire. Les stéréotypes ne manquent pas dans une exagération dont la gêne exprimée serait traduite comme une intolérance par la cible visée.

Par ailleurs, les caricatures éditoriales s’apprécient autour des deux personnages principaux : Billie Jean King et Bobby Riggs, joué par Steven Carell.
Ce dernier, présenté comme macho et misogyne, vit au crochet de sa femme depuis la fin de sa carrière. Un contexte émasculant pour l’époque qui parvient à rendre le personnage attachant. L’écriture du film vise à le rendre détestable alors que le personnage est à prendre au second degré malgré son positionnement grossier, provocateur et ridicule.

Ceci dit, les deux instants magistraux du film sont les deux matchs de tennis intégralement reconstitués. En ne faisant aucune orientation conventionnelle, les scènes imposent une sincérité appréciable, notamment sur le match final. Une fin majestueuse dont la conquête historique prend finalement tout son sens quand on détache le présent du contexte passé…

Bilan
Un coup de raquette qui manque de recul.

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