« Crash Test Aglaé » de Eric Gravel

4/5


Synopsis

L’histoire d’une jeune ouvrière psychorigide dont le seul repère dans la vie est son travail. Lorsqu’elle apprend que son usine fait l’objet d’une délocalisation sauvage, elle accepte, au grand étonnement de l’entreprise, de poursuivre son boulot en Inde. Accompagnée de deux collègues, elle va entreprendre un absurde périple en voiture jusqu’au bout du monde…

Critique

Jusqu’ici discrète dans le paysage du cinéma français, India Hair s’impose avec talent dans ce petit carton estival tenu par Eric Gravel, « Crash Test Aglaé » !

C’est un trio de collègues engluées dans la routine qui va se retrouver sur le banc de touches lorsque leur usine va se faire délocaliser en Inde : Sujet de fond grinçant oui, c’est en partant de cette posture dramatique, ou plutôt dérisoire, que le film s’engage.
Aux côtés d’India Hair et de Julie Depardieu, Yolande Moreau et son talent domine la scène par son unique présence ; ses rares script aspirant tout l’attrait comique sur elle.

Le voyage étant établit au départ à trois, le scénario va à petits pas éplucher les personnages selon leur degré de personnalité dans le groupe. Marcelle étant exceptionnelle va quitter le carrosse en premier suivi de Liette, laissant Aglaé pour la suite…

Une crainte se manifeste quant à se retrouver, nous spectateur, seul avec la femme. C’est précisément dans ce prémisse d’ennui que la finesse éditoriale élimine les doutes dans la seconde même. Au départ invisible et ennuyante, le récit va intelligemment se reposer sur son évolution devenue progressivement l’élément central du métrage.

Le périple va signifier son changement qui va à son tour réorienter le film. En partance pour garder son travail par peur de chamboulement, elle va se retrouver en quête d’elle-même en étant confronter à ce qu’elle redoutait le plus. Au cœur de paysages grandiose et de clichés à couper le souffle, Aglaé va apprendre à s’introspecter et même se garçoniser.

La finalité se veut idéologue avec un discernement sur la signification même du terme « mondialisation ». La jeune femme, d’abord victime humaine de ce phénomène face à la délocalisation de son entreprise, devient une héroïne d’elle-même. Riches d’échanges, de rencontres et d’adaptations, l’utopie laisse penser que la mondialisation peut aussi être une forme de conquête humaine…

Bilan
Cette recherche de soi-même s’inclut dans la nouvelle génération de film emprunt de sincérité et de voyage comme le récemment « AVA ». Evidemment, à voir ou plutôt, à admirer…

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