« Jusqu’à la Garde » de Xavier Legrand

5/5 !


Synopsis

Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu’elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n’arrive.

Critique

Dans une symbiose oppositionnelle, Léa Drucker et Denis Ménochet tiennent l’affiche dans « Jusqu’à la garde », un récit d’actualité incroyablement réaliste.

Au cœur de la membrane juridique, l’atmosphère permet de clairement poser le contexte dans une aisance d’écriture propre. Pas vraiment de suspens, c’est au cours d’un monologue analytique que la juge d’instruction expose les faits d’un divorce accompagné d’accusations de violences conjugales. Ce sont ensuite les avocats qui lâchent leur récital, comme deux oppositions illogiques, l’un reste pragmatique, tandis que l’autre, joue sur la corde sensible.

Pénétrant, pervers, pernicieux, bien que des doutes subsistent quant à la véracité des dires, l’attention est priorisée sur la garde de l’enfant. Interprété par Thomas Gioria, ce petit prodige communique une crainte permanente, un sentiment d’insécurité progressif, une peur glaciale dont la transmission cinématographique est ahurissante.

Sans aucun artifice, le scénario de départ s’effeuille pour s’orienter sur une traversée inconnue vers l’horreur quotidienne que vit la famille. Violent, puissant, une anxiété passive s’installe dans une incompréhension suffocante et ce, grâce une harmonisation brut des jeux d’acteur.

Poignant, Xavier Legrand nous rappelle avec ecchymose que le cinéma peut être neutre et à la fois, brillant. En abordant les violences conjugales dans un arsenal pur et ultra-réaliste, l’imprégnation du cycle pervers mené par Denis Ménochet nous rend victime à notre tour. Victime d’une impuissance, d’une frayeur ou d’un impact évident et réussi, bouleversant et prégnant.

Bilan
Un coup de tonnerre qui laisse des marques. Bravo.

1 Commentaire

  1. A la rencontre du Septième Art

    Une des très bonnes surprises de ce début d’année, le spectateur est toujours dans l’indécision tout en étant plongé dans ce malaise permanent. Gros travail du réalisateur sur l’ambiance, ainsi que des acteurs dans leur interprétation. Une belle réussite !

    Réponse

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